L'opéra La Fille du régiment sera retransmis samedi dans 18 salles de cinéma en France, en direct de New York.
FRANCE-SOIR. Dans quelles circonstances vous a-t-on proposé de participer à cet événement ?
NATALIE DESSAY. C'est une nouvelle façon de communiquer, pour donner envie aux gens de se rendre à l'opéra, de le démocratiser. A New York déjà, pour l'opéra Lucia di Lammermoor, nous avions fait une belle campagne avec des affiches partout dans la ville disant : « Vous seriez fou de manquer cela. » Et nous avons eu un retour très fort. Retransmettre universellement dans plusieurs pays La Fille du régiment, c'est proposer aux gens qui n'ont pas l'occasion, ou même l'envie, d'aller à l'opéra d'accéder à cet événement en direct. Et c'est une idée géniale.
Comment vous sentez-vous à l'approche cette représentation exceptionnelle devant des millions de personnes ?
Il ne faut pas y penser. Ce sur quoi je me concentre, c'est faire le spectacle comme d'habitude, essayer d'avoir autant de plaisir pour le faire partager, aussi bien aux spectateurs qui seront dans la salle avec nous qu'aux gens qui nous regarderont depuis une salle de cinéma.
Pouvez-vous nous raconter La Fille du régiment ?
C'est l'histoire de Marie, un peu garçon manqué élevé avec des soldats, qui découvre qu'elle est vraiment une fille lorsqu'elle tombe amoureuse d'un jeune homme, Tonio, interprété par Juan Diego Florez. Ce dernier s'engage dans le régiment et trahit son propre pays pour elle.
Pour votre rôle dans cet opéra comique, vous avez été récompensée à Londres pour votre prestation en tant que comédienne...
Je suis fière d'avoir eu le trophée Laurence-Olivier. Cela récompense mon combat depuis dix-huit ans : faire reconnaître que nous faisons du théâtre, mais chanté ! C'est une autre convention, au service de la scène.
Vous sentez-vous autant comédienne que soprano ?
Je suis une comédienne qui chante. C'est un peu une coquetterie pour une chanteuse d'opéra. Mais au-delà des aspects techniques extrêmement contraignants et difficiles à réaliser, il faut passer à l'étape supérieure, oublier qu'on est en train de chanter pour incarner le personnage.
Comment donneriez-vous envie aux gens qui ne connaissent pas l'opéra de s'y intéresser ?
Je leur dirais de bien choisir, de commencer par La Bohème par exemple. C'est tellement beau ! La Flûte enchantée est également un bon moyen de découvrir l'opéra : c'est un conte pour tous, de 7 à 77 ans.